Des rappeurs autour de la vedette de la chanson kabyle
Idir et la France des couleurs

Idir et la France des couleurs seront en concert le 19 octobre au Zénith de Paris.
Avec sa discrétion, son look d’intellectuel absorbé, voire même de sage, le chanteur Idir n’avait pas vocation à s’associer avec les jeunes rappeurs. Entre l’un et les autres, il y a le fossé des générations. Entre les douces mélodies de l’un et les cris rageurs des autres, il n’y a point de rencontre possible. En apparence seulement. En réalité, les convergences existent. Icône d’une musique kabyle qu’il a su faire voyager à travers le monde bien avant les chebs, Idir est le militant d’une identité. Par le texte et les sonorités. Proche de la culture africaine par le chant scandé rappelant le griot, le rap est aussi marqué de cette empreinte identitaire. Idir, jeune berger, chante les souffrances de son peuple au pays d’origine et en exil. Les rappeurs, descendants de bergers, crient aussi la souffrance des anciens colonisés et de leurs rejetons des cités. Idir fait tourbillonner par la danse. Les rappeurs mènent jusqu’à la transe. Identité, fête et contestation : grâce à toutes ces passerelles, la barrière de l’âge ne pouvait que s’effondrer dans des studios de Paris. “Il y avait chez eux de la retenue, mais s’ils pouvaient savoir comment j’avais peur”, soupire le vétéran. Respect mutuel ! En tombant, la barrière de l’âge a laissé découvrir “la France des couleurs”, un album riche et foisonnant des nouvelles tendances musicales, Slam, Rn’B, rap… L’hymne est chanté par des célébrités qui défilent dans le studio. Il y a le fan Zizou qui avait entraîné Idir dans son voyage en Algérie. Mais aussi : Thierry Henry, Lionel Charbonnier, Bernard Diomède, Yanick Noah, Pascal Obispo, Jean-Jacques Goldman... “On veut notre identité/On a longtemps hésité/On est de la même entité/Zwits rwits/Égalité fraternité/On mérite mieux que ces cités/L’avenir c’est la mixité.” Ironie de l’histoire, l’hymne sort au moment où la France s’interroge sur son identité et sur ses rapports avec les immigrés. Un débat illustré par la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Préméditation ou prémonition ? Pour Idir, c’est simplement le fruit du hasard, car le travail a commencé bien avant ces débats. Sur le fond, il ne transige pas. “Ou çà ou rien”, tranche-t-il car “il n’y a pas d’autre manière de définir la France”. Au demeurant, “l’identité n’est pas un concept figé”, dit-il. “Libre d’aller dans le jardin familial”, ironise Idir, sa fille au prénom de l’oiseau unique, Tanina, se laisse découvrir dans l’album.
Elle s’enfonce dans la peau d’un père rigide et écrit avec Grand corps malade une “lettre à la fille”. Dans nos sociétés, les tabous sont tellement lourds, le regard des autres si chargé de reproches qu’“il y a des choses qu’on ne dit pas”. Comme par exemple, “je t’aime comme un fou”, en s’adressant à sa fille. Sur le même thème, Nadiya (Zighem) rend hommage à son père, “citoyen du monde parti loin d’Algérie”. Troisième titre d’un album qui en compte 16, ce cœur venu d’ailleurs donne l’occasion à Idir de nous bercer de ses douces mélodies.
Y. K.
Idir et la France des couleurs

Idir et la France des couleurs seront en concert le 19 octobre au Zénith de Paris.
Avec sa discrétion, son look d’intellectuel absorbé, voire même de sage, le chanteur Idir n’avait pas vocation à s’associer avec les jeunes rappeurs. Entre l’un et les autres, il y a le fossé des générations. Entre les douces mélodies de l’un et les cris rageurs des autres, il n’y a point de rencontre possible. En apparence seulement. En réalité, les convergences existent. Icône d’une musique kabyle qu’il a su faire voyager à travers le monde bien avant les chebs, Idir est le militant d’une identité. Par le texte et les sonorités. Proche de la culture africaine par le chant scandé rappelant le griot, le rap est aussi marqué de cette empreinte identitaire. Idir, jeune berger, chante les souffrances de son peuple au pays d’origine et en exil. Les rappeurs, descendants de bergers, crient aussi la souffrance des anciens colonisés et de leurs rejetons des cités. Idir fait tourbillonner par la danse. Les rappeurs mènent jusqu’à la transe. Identité, fête et contestation : grâce à toutes ces passerelles, la barrière de l’âge ne pouvait que s’effondrer dans des studios de Paris. “Il y avait chez eux de la retenue, mais s’ils pouvaient savoir comment j’avais peur”, soupire le vétéran. Respect mutuel ! En tombant, la barrière de l’âge a laissé découvrir “la France des couleurs”, un album riche et foisonnant des nouvelles tendances musicales, Slam, Rn’B, rap… L’hymne est chanté par des célébrités qui défilent dans le studio. Il y a le fan Zizou qui avait entraîné Idir dans son voyage en Algérie. Mais aussi : Thierry Henry, Lionel Charbonnier, Bernard Diomède, Yanick Noah, Pascal Obispo, Jean-Jacques Goldman... “On veut notre identité/On a longtemps hésité/On est de la même entité/Zwits rwits/Égalité fraternité/On mérite mieux que ces cités/L’avenir c’est la mixité.” Ironie de l’histoire, l’hymne sort au moment où la France s’interroge sur son identité et sur ses rapports avec les immigrés. Un débat illustré par la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Préméditation ou prémonition ? Pour Idir, c’est simplement le fruit du hasard, car le travail a commencé bien avant ces débats. Sur le fond, il ne transige pas. “Ou çà ou rien”, tranche-t-il car “il n’y a pas d’autre manière de définir la France”. Au demeurant, “l’identité n’est pas un concept figé”, dit-il. “Libre d’aller dans le jardin familial”, ironise Idir, sa fille au prénom de l’oiseau unique, Tanina, se laisse découvrir dans l’album.
Elle s’enfonce dans la peau d’un père rigide et écrit avec Grand corps malade une “lettre à la fille”. Dans nos sociétés, les tabous sont tellement lourds, le regard des autres si chargé de reproches qu’“il y a des choses qu’on ne dit pas”. Comme par exemple, “je t’aime comme un fou”, en s’adressant à sa fille. Sur le même thème, Nadiya (Zighem) rend hommage à son père, “citoyen du monde parti loin d’Algérie”. Troisième titre d’un album qui en compte 16, ce cœur venu d’ailleurs donne l’occasion à Idir de nous bercer de ses douces mélodies.
Y. K.
publié par awal dans: webawal



