Dourari est contre l’"archaïsation " de tamazight. C’est pourquoi, concernant la graphie, il semble exclure d’avance le tifinagh, bien que, dit-il, le tifinagh doive continuer à être enseigné comme étant un élément de l’histoire de tamazight.
Des différentes interventions au Colloque international sur l’aménagement de tamazight tenu à Sidi Fredj du 5 au 7 décembre 2006, on peut conclure que le passage du berbère du folklore et de la chanson vers la science et la littérature, au sens prestigieux du terme, ne sera pas facile. Le chantier s’annonce vaste tant le vide est sidérant. Pour le concrétiser, des moyens colossaux doivent être mis en branle par l’Etat. Et pour que ce dernier puisse le faire, le statut de langue nationale ne suffit pas. C’est Mohamed Lakhdar Maougal, en homme averti, qui fait cette observation. Tamazight doit donc être langue officielle. Maougal ne le dit pas explicitement mais lui, contrairement à la quasi-totalité des intervenants, s’oppose à l’officialisation de tamazight uniquement en Kabylie. M.Dourari, beaucoup plus prudent, semble ne pas vouloir placer la charrue avant les bœufs. La position de ce docteur d’Etat en linguistique, polyglotte de surcroît, maîtrisant parfaitement l’évolution des langues à travers le monde, est de n’exclure aucune alternative. De ce fait, il a l’avantage dans les débats de ne se retrouver dans aucun camp tout en ayant la latitude de développer ses propres thèses avec sa dextérité habituelle. Toutefois, Dourari est contre l’"archaïsation " de tamazight. C’est pourquoi, concernant la graphie, il semble exclure d’avance le tifinagh, bien que, dit-il, le tifinagh doivee continuer à être enseigné comme étant un élément de l’histoire de tamazight. Mais entre les caractères arabes et latins, Dourari se refuse à prendre parti expressément même si, en invitant les participants au colloque à visiter la bibliothèque du centre qu’il dirige, tous les livres qui s’y trouvent (des centaines) sont transcrits en latin. Dourari étant un commis de l’Etat et en l’absence d’une décision politique tranchant en faveur d’une transcription, ce responsable qui maîtrise de manière phénoménale les méandres de la linguistique, semble plus respecter l’obligation de réserve que livrer sa propre position. Mais l’entretien du suspense de sa part a animé certaines appréhensions du côté des partisans de la transcription latine qui sont majoritaires puisqu’ils travaillent dans le domaine berbère depuis au moins seize ans, comme c’est le cas des professeurs des universités de Bgayet et de Tizi Ouzou. Par son silence, Dourari s’est même créé des " ennemis " au niveau de l’Inalco de Paris. Mais lui reste imperturbable puisque, explique-t-il, les choses ne sont pas aussi simples qu’on le croit. Effectivement, présidant un centre national, il ne peut se limiter dans ses interventions à ne parler que du cas de
"En Kabylie, le choix est fait, c’est le latin", tranche l’universitaire, détenteur d’un magister en linguistique berbère. Un autre problème et non des moindres, le plus délicat peut-être, a été soulevé par le même conférencier, qui a pu brosser et cerner tous les aspects de la question grâce à ses années de recherche dans le domaine, celui de l’enseignement de tamazight aux non-amazighophones. Le deuxième conférencier ira jusqu’à dire que le caractère arabe serait une agression contre
Aomar Mohellebi
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