Vendredi 16 Mars 2007

 
L’hommage de Rédha Malek à Krim Belkacem


Par : A. Allami

Rédha Malek a rendu, hier, un vibrant hommage à Krim Belkacem. À cette occasion, l’ancien Chef du gouvernement et signataire des Accords d’Évian a rappelé que toutes les ruses et manœuvres de de Gaulle pour faire échouer la lutte armée du peuple algérien pour le recouvrement de sa souveraineté, sur l’ensemble du territoire algérien, avaient été déjouées par Krim et ses camarades dirigeants.

Une conférence a été organisée hier sur le parcours militant et combattant du colonel Krim Belkacem, le signataire pour la partie algérienne des Accords d’Évian le 18 mars 1962, animée par l’un des participants aux négociations entre le FLN et le gouvernement français d’alors, M. Rédha Malek.
Au cours de cette conférence, organisée conjointement par le quotidien El Moudjahid et l’association Machaal Echahid, Rédha Malek a rendu hommage au “grand rôle” joué par Krim aussi bien en tant que combattant et chef de la Wilaya III historique qu’en sa qualité de dirigeant de la Révolution nationale, ministre, homme d’État et diplomate.
L’ancien vice-président du Gouvernement provisoire de la Révolution algérienne (GPRA) et ministre des forces armées était “une grande personnalité” qui avait marqué la période de la lutte armée et qui était connu, y compris par les dirigeants français d’alors, témoigne M. Malek. Il a retracé l’itinéraire de cet homme depuis que de Gaulle avait lancé sa fameuse phrase appelant les dirigeants de la Révolution à accepter “la paix des braves”, que Krim et l’équipe dirigeante à l’époque avaient qualifiée d’appel à la reddition.
M. Malek a indiqué ainsi que Krim avait assimilé la proposition de de Gaulle à une amnistie qu’il voulait offrir aux combattants algériens en contrepartie de la cessation des combats. Il a cité la proposition émise devant le GPRA par M. Abdelhamid Mehri, selon laquelle si de Gaulle cherchait à négocier avec les dirigeants de la Révolution, il n’avait qu’à les rencontrer puisqu’ils étaient emprisonnés en France même, à savoir, MM. Ben Bella, Boudiaf, Aït Ahmed, Khider et Lacheraf, que Krim et ses compagnons avaient saluée. M. Malek a rappelé que toutes les ruses et manœuvres de de Gaulle pour faire échouer la lutte armée du peuple algérien pour le recouvrement de sa souveraineté, sur l’ensemble du territoire algérien, avaient été déjouées par Krim et ses camarades dirigeants.
Lorsque les choses sérieuses ont commencé à voir le jour, c’est-à-dire que lorsque la France qui tergiversait a clairement affiché son désir d’ouvrir les négociations avec les dirigeants de la Révolution, Krim était toujours le chef des délégations qui, secrètement ou ouvertement, avaient pris part à ces négociations aussi bien en France qu’en Suisse, a-t-il dit. C’était également Krim Belkacem qui avait rencontré à New York, en 1960, le premier dirigeant de l’ex-URSS, M. Nikita Kroutchev pour évoquer la cause algérienne et ainsi l’internationaliser ; ce qui avait créé un vacarme en France où les dirigeants avaient protesté contre cette initiative. Le monde entier avait alors relevé que si le gouvernement français avait ouvert des négociations officielles avec les représentants du FLN-ALN, pourquoi un dirigeant d’un autre pays ne recevrait-il pas l’un de ces représentants, a poursuivi M. Malek.
Dès lors, la question algérienne était présente partout dans les forums internationaux grâce à la vigilance des hommes, comme Krim Belkacem et d’autres révolutionnaires de sa trempe.
Au cours des différentes étapes des négociations entre la partie algérienne et les représentants du gouvernement français, Krim défendait avec vigueur les principes contenus dans la déclaration du 1er Novembre 1954, à savoir l’indépendance nationale totale, a témoigné M. Malek. Il avait déjoué toutes les tentatives de partition du pays et était un fin diplomate qui négociait sérieusement ces principes avec le sourire, a dit le conférencier qui a soutenu la proposition d’un ancien compagnon de Krim qu’une journée d’étude soit organisée sur la vie de ce grand combattant de la liberté et de l’indépendance de son pays.
Pour M. Malek, la vie militante et combattante de Krim doit être décortiquée et étudiée par des personnes qui l’avaient connu pour que les générations de l’après-indépendance connaissent l’œuvre accomplie par leurs aînés. Dans une courte intervention, M. Mehri a, de son côté, affirmé que la Révolution algérienne a enfanté des héros comme Krim Belkacem, qui ont défendu la dignité du peuple algérien et lutté pour l’indépendance nationale.

A. Allami

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