“Le dîner traditionnel contient sept ingrédients qui présentent des intérêts symbolisant la fertilité de la terre et ouvrant une année porteuse de bonnes récoltes pour toutes les saisons prochaines”, nous apprend une vieille septuagénaire originaire de Azazga. “Taberkoukest il hem ad ikkes, su yazid ad yexnunes” (nous préparons “berkoukes” en égorgeant un poulet pour chasser le mal)”, enchaînera-t-elle d’un air poétique.
En Algérie, de l’est à l’ouest, du nord au sud, la célébration de Yennayer garde beaucoup d’authenticité. Ainsi, les Chaouis dans les Aurès procèdent au nettoyage des maisons, dans une ambiance de joie. L’occasion, est aussi, présentée pour les artisans de terminer leurs travaux avant ce jour-là. La particularité de la fête, on la trouve chez les Touaregs, qui commencent à fêter Yennayer, une semaine avant l’événement. Les Touaregs mettent leurs plus beaux habits et bijoux, pour déguster le «kasbasu» (couscous).
La question qui reste posée, est de savoir, si ceux qui célèbrent l’occasion, connaissent tous l’origine de cette fête? Autrement dit, sait-on ce que signifie Yennayer? Certes, la majorité savent bien que cette occasion a ses racines dans les racines de l’histoire ancestrale. Et que, cette année on fête l’an 2956 du calendrier berbère. Sans plus. En revanche, les familles les plus instruites en connaissent un peu plus. Toutefois, on ignore les origines de ce décalage de 950 ans, par rapport au calendrier grégorien.
Qu’est-ce que Yennayer? A l’instar des autres civilisations universelles, les Berbères ont aussi, leur calendrier.
Yennayer, donc, est la fête célébrant la naissance d’un nouvel an dans le calendrier berbère. Ce jour correspondant au 12 janvier de chaque année du calendrier grégorien. Mais quelle est l’origine de ce calendrier? Le premier an amazigh remonte, selon les chercheurs dans l’histoire ancestrale, à 950 avant Jésus-Christ. Lors de cette date un grand événement politique a caractérisé l’histoire des Berbères. Il s’agit de la victoire remportée par le roi Cheshnaq (berbère), qui a réussi, après avoir conquis le delta du Nil, à fonder la XXIIe dynastie pharaonique, et d’accéder, par conséquent, au statut de roi d’Egypte.
Depuis cette victoire, qui a permis à Cheshnaq de mettre l’Egypte sous son autorité, les Berbères commencèrent à compter, et d’avoir un calendrier propre à eux. C’est ainsi, que la tradition du changement de l’an berbère est préservée, pendant des années, voire à travers des siècles. En outre, cet événement, est pris, selon les chercheurs, comme début de tout calcul calendaire. Par ailleurs, comme Yennayer a été, dans ses origines, une affaire politique, cette date continue à être ainsi en Algérie.
La Dépêche de Kabylie du 14 Janvier 2006



