<![CDATA[Amazigh assa m´zeka]]> http://webawal.dzblog.com NC fr Sat, 19 Jul 2008 21:15:08 GMT Sat, 19 Jul 2008 21:15:08 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[Kamel Hamadi chevalier de la Légion d'honneur]]> http://webawal.dzblog.com/article-248715.html Il a été honoré par Sarkozy

Le président de la République française Nicolas Sarkozy vient de nommer M. Kamel Hamadi, l'un des artistes kabyles les plus émérites, chevalier de la Légion d'honneur. La plus haute autorité française a voulu témoigner par ce geste l'estime qu'elle porte à la culture kabyle.

Contacté par téléphone Kamel Hamadi fidèle à sa modestie légendaire, a voulu associer tous les interprètes de ses chansons à cette récompense, Aït Menguellet, Akli Yahyaten… pour ne citer que ces deux-là parmi une liste de plus de deux cents artistes. Il nous a déclaré voir dans cette consécration la reconnaissance de la République à son œuvre et à celle de ses compagnons de route. S. Azem, Cheikh Noureddine, H'nifa et d'autres partis avant qu'on leur rende l'hommage mérité à leur engagement artistique. 

Cela a été une occasion pour lui de revenir sur son parcours artistique, il affirme ne rien renier de sa montagne et de sa Kabylie qui l'ont vu naître. Il en parle avec fougue avec cette  passion de dramaturge qui l'habite depuis son plus jeune âge. Il énumère ses œuvres comme des enfants chéris et son rapport presque charnel avec l'écriture, le théâtre et l'opérette. Il dit être venu à la chanson presque par hasard. 

 Ce couronnement a été rendu possible par la persévérance de Rachid Kaci, conseiller du président  Sarkozy, qui a soutenu cette initiative. Donnant ainsi une belle leçon de dévotion pour faire connaître et reconnaître la culture de ses parents kabyles. Avec une grande sincérité, il a su présenter  le travail de cet artiste sous son grand jour.

Auteur d'un répertoire impressionnant de plus de deux mille chansons, l'artiste a marqué de nombreuses générations de chanteurs et interprètes kabyles. Avec une muse  au rendez-vous depuis plus de cinquante ans, l'artiste a traversé les années sans prendre une ride.

Son histoire est un peu un conte impossible ou plutôt un rêve impossiblement réalisable. La rencontre entre un simple ouvrier du textile Zeggane Larbi avec l'art et la poésie. Son destin tout tracé le prédestinait  à une vie de cloîtré dans une échoppe de tailleur qui pullulaient dans les ruelles du vieil Alger. C'était sans compter sur les vertus libératrices de la plume.

 Kamel Hamadi est né le 22 décembre 1936 dans le village des At Daoud en Haute Kabylie. Vers  seize ans, il quitte ce hameau pour Alger, une destination prisée à l'époque. En 1954, flanqué d'un pseudo il cède à ses passions de toujours, écrire, jouer la comédie et chanter.  Pendant sa longue carrière artistique il ne se contenta pas que de ciseler des vers et composer des mélodies. Il s'essayera  au théâtre et signe bon nombre de chansons pour des opérettes.

Il contribua ardemment à étoffer les programmes de la radio kabyle Radio Chaîne deux.

 Yidem yidem ala yafna laemer, sa première chanson est à la fois une levée de bouclier sur une scène artistique kabyle qui se voulait puritaine. Mais aussi une œuvre prémonitoire de sa vie future, puisqu’il a lié sa vie à celle de la chanteuse Nora. Artiste complet, sa vie artistique rejoint sa vie privée pour en faire une longue vie tout court et pleine de bonheur. Une vie faite de talent et d'humilité.

 Zahir Boukhelifa

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Sat, 19 Jul 2008 21:15:08 GMT http://webawal.dzblog.com/article-248715.html
Aït Menguellet, Matoub et le monde carcéral http://webawal.dzblog.com/article-246542.html Deux prisonniers, un destin

La littérature kabyle orale a pu immortaliser ces moments d’angoisse, de questionnements  et de lutte pour la survie dans des strophes exceptionnellement émouvantes où l’épopée et le lyrisme se trouvent naturellement enchevêtrés. Si Mohamed U M’hand, la poésie populaire du Mouvement national et de la guerre de Libération, Ferhat Imazighène Imula, Mohya, Aït Menguellet, Matoub Lounès et d’autres poètes dont les pièces ont eu une moindre fortune, la plupart  des hommes du verbe kabyle ont eu, à un moment ou un autre de leur carrière artistique, abordé, traité et disséqué la situation du prisonnier.

"C’est dans les bas-fonds qu’on pousse les hauts cris"  Jacques Prévert (dans Fatras)

 L’histoire de la société kabyle est faite de grande adversité et de lutte permanente pour les libertés. Ayant été cantonnée dans un espace géographique montagneux, elle développa un esprit de résistance sans faille à toute forme d’invasion et de domination.

Le choix même de ces rudes espaces pour y vivre, produire et commercer est un signe d’une volonté irréfragable, d’une volonté de vivre en liberté et de n’accepter aucune soumission. Dans l’histoire de l’Algérie sous domination ottomane- qui offre un minimum de ‘’lisibilité’’ par rapport aux  périodes antérieures-, l’établissement d’une principauté sous le nom du ‘’royaume de Koukou’’ qui s’étendait sur les deux Kabylies (grande et petite) est un moment fort de cette tendance à s’autogouverner loin des jougs extérieurs et des dépendances castratrices.

Tout en s’insérant dans le grand ensemble national-aucune situation engageant le destin de la nation ne lui a échappé-, la Kabylie a développé en son sein une organisation sociale, une culture politique et une philosophie de la vie dont la profondeur et la portée sont jusqu’à ce jour objets d’études et d’analyses anthropologiques et sociologiques.

Ce destin quelque peu particulier ne pouvait pas s’accomplir dans la sérénité ou sans accros. À chaque fois que l’Algérie est ciblée dans sa stabilité ou sa souveraineté, la Kabylie s’offre en sacrifice.

Ce n’est, après tout, qu’une logique de l’histoire pour une région qui symbolise l’authenticité et la permanence d’une identité millénaire. Le climat d’hostilité et de bellicisme imposé par l’histoire à la Kabylie s’accompagne à chaque fois de son lot de morts, de blessés, de déportés et de prisonniers.

Dans l’histoire moderne du pays, l’on peut avoir des témoignages assez précis sur les déportés à Cayenne (en Guyane française), en Nouvelle Calédonie, au Sahara, à Paul Gazelles (Aïn Oussara),…comme nous parviennent les cris et pensées des prisonniers de guerre pris dans les tranchées des frontières franco-allemandes entre 1914 et 1918, des détenu(e)s de la Santé et de Fresnes en métropole française, des incarcéré(e)s de Barberousse, El Harrach, Lambèse et Berrouaghia.

Toutes les époques ont connu leurs cortèges de prisonniers et la littérature que cette situation a charrié avec elle.  Ces noms nous sont devenus familiers car nos aïeux et nos concitoyens y ont séjourné ou y ont rendu l’âme. La lutte qui consiste à faire valoir ses droits en matière de souveraineté, de liberté et d’identité est inexorablement suivie de son lot de peines, de larmes et de captivité.

La littérature kabyle orale a pu immortaliser ces moments d’angoisse, de questionnement  et de lutte pour la survie dans des strophes exceptionnellement émouvantes où l’épopée et le lyrisme se trouvent naturellement enchevêtrés.

Si Mohamed U M’hand, la poésie populaire du Mouvement national et de la guerre de Libération, Ferhat Imazighène Imula, Mohya, Aït Menguellet, Matoub Lounès et d’autres poètes dont les pièces ont eu une moindre fortune, la plupart  des hommes du verbe kabyle ont eu, à un moment ou un autre de leur carrière artistique, abordé, traité et disséqué la situation du prisonnier. Étant un fait de société dont le contexte et la réalisation sont bien connus du fait d’une histoire tourmentée, la vie carcérale est étudiée dans son contenu intime et au niveau des mobiles qui lui ont donné naissance. 

Dans les deux chansons dont nous présentons la traduction, Aït Menguelet (1979) et Matoub Lounès (1981) mettent toute leur verve poétique au service d’une approche réelle du monde du prisonnier. Dans Amcum, il retrace le destin d’un militant qui s’est sacrifié pour une noble cause engageant le destin collectif de ses compatriotes. L’esprit de la lutte, l’âme de la résistance et le devoir de ne pas fléchir devant l’arbitraire et la tyrannie le conduisent tout droit au cachot. Lui seul subira les affres de la prison. Non pas qu’il menât seul le combat, mais il fut abandonné en cours de route par ses camarades avec lesquels il mangea du pain sec.

Par peur, par lâcheté, suite à des pressions ou à des promesses alléchantes, tous les cas de figure peuvent se présenter et conduire à disperser les rangs, à semer la zizanie, le doute et la perplexité parmi les membres du groupe. Le héros du poème se retrouvera seul face à la machine infernale de la répression. Que sont les amitiés militantes devenues ? Que représente le serment de solidarité et de destin commun que les militants ont fait ?

Matoub, quant à lui, utilisera tout son pouvoir d’imagination pour décrire la situation d’un prisonnier qui attend son procès et dont il entrevoit l’issue fatale, la perpétuité. Sa mère, qui interroge le vent sur le sort de son fils, l’encourage à subir seul son destin au lieu de dénoncer ses camarades de lutte restés en liberté. Le poème grouille d’émouvantes métaphores pour décrire l’attente puis la résignation de la mère.

Nos deux prisonniers ont cette particularité commune de subir les affres de la répression dans une Algérie indépendante. Ils ont aussi cette grande qualité, cette rare bravoure de ne pas ‘’fléchir devant l’humiliation’’ (Ugin ad knun zdat ddel), une phrase qu’on retrouve textuellement dans les deux poèmes. La vaillance se trouve du côté de ceux qu’on a voulu humilier et avilir par une privation de la liberté. D’après Bernard Schaw, "l’homme le plus inquiet d’une prison est le directeur’’.

Dans un rêve que fait un prisonnier, Matoub le fait voyager chez lui pour revoir ses parents, sa femme et ses enfants. C’est dans un poème faisant partie de l’album A Tarwa l’hif (1986) :

 

" Si je pouvais me détacher,

Je viendrais vous voir le jour de l’Aïd.

Je vous saluerais alors chers parents.

Quand je me présenterai au village,

Je ne serai pas surpris par votre perplexité.

Ce n’est pas mon visage d’antan

Qu’auront à rencontrer vos yeux.

Parce qu’il ne me reconnaîtra plus,

Mon fils me fuira.

Ma femme légitime, je ne sais

Si elle se souviendra de moi.

J’aurai alors dérangé la quiétude de tout le monde

Jusqu’à leur faire perdre la parole.

À la fin nous nous reconnaîtrons ;

Le village hâtera le pas à ma rencontre.

Ce n’est là qu’une espérance ;

Mon rêve n’a pas duré longtemps.

La porte de la prison est bien close.

Sur elle mon estampille se pose,

Bien collée et sigillée,

Me désignant à perpétuité ".

 

Dans Asefru, Aït Menguellet nous transmet les sentiments blasés et les sensations de désenchantement d’un prisonnier qui a perdu le goût des belles choses suite à une incarcération castratrice de réflexion et du sens de l’esthétique :

 

"La rose à la belle figure,

j’envie ceux qui l’admirent encore.

Naguère, comme eux, j’en connaissais le parfum ;

Ores, je ne veux plus la regarder.

Quand je vois une main ceinte d’une gourmette,

Ce sont les chaînes qui me viennent à la tête. 

N’en cherchez pas la raison ;

Dites seulement que je suis à plaindre ".

 

 Textes (traduction Amar Naït Messaoud)

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Wed, 25 Jun 2008 08:41:20 GMT http://webawal.dzblog.com/article-246542.html
Mustapha Dahleb,ex-stratège du PSG à la Dépêche de Kabylie http://webawal.dzblog.com/article-244679.html
Paris était considérée comme une autre ville de Kabylie

26 ans après, le Mondial 82 reste l’événement sportif qui a marqué le plus l’esprit de tous les Algériens. Mustapha Dahleb, l’un des acteurs de ce rendez-vous historique, a bien voulu reveni dessus, mais sous un autre angle, en apportant des révélation inédites. L’ancienne gloire de l’équipe nationale et ex-capitaine du PSG lève le voile sur l’affaire Medjadi et Korichi, la défaite face à l’Autriche et la curieuse sortie de Bourebou face au Chili. Il nous parle aussi de Zidane, Saïb, la JSK et la JSMB…

La Dépêche de Kabylie : En dépit d’une célébrité planétaire, les jeunes d’aujourd’hui voudraient certainement connaître plus de choses sur vous. Pouvez-vous retracer, brièvement, pour eux les plus importantes escales de votre longue et riche carrière ?

M. D. : J’ai commencé à jouer au ballon à l’âge de 7 ans dans la région des Ardennes, à l’âge de 13 ans j’ai rejoint Sedan en tant que stagiaire professionnel.

J’ai joué mon premier match avec l’équipe-fanion à l’âge de 17 ans contre Angers et je me souviens même du score. Nous avions gagné 3 à 0. De 1973 à 1984, je n’avais connu qu’un seul club, à savoir le PSG, après un passage de deux saisons  au CRB de 1971 à 1973.

 

 

En évoquant le CRB, comment avez-vous atterri dans ce club ?

C’était au moment où j’étais sous les couleurs nationales. J’avais 19 ans. Comme tout Algérien émigré, je suis venu déposer mon dossier de sursitaire mais dès qu’ils ont pris connaissance de mon identité, ils m’ont retenu à Blida. Donc j’était venu pour deux jours, ils m’ont retenu pendant deux ans. Pour eux, c’était une fierté d’avoir Mustapha Dahleb en équipe militaire. C’est comme ça que j’ai joué au CRB pendant deux saisons.

 

 

Et après avoir accompli votre service national …

C’était au mercato, je suis retourné à Sedam. En six mois, j’avais inscrit 18 buts.

 

 

Pourquoi avoir choisi le PSG alors que plusieurs autres clubs européens, plus huppés, vous ont contacté à l’époque ?

Pour nous, les Algériens qui vivions en France à cette époque-là, Paris était considérée comme une autre ville de Kabylie.

Donc pour moi c’était clair, le PSG  devait passer avant le Bayern de Munich et bien d’autres clubs qui m’avaient contacté. Et puis, la création du PSG en 1970 véhiculait un grand projet des Parisiens suite à la chute des autres clubs de la capitale française à ce moment-là.

Le discours qu’avaient tenu les dirigeants m’a vite convaincu.

Il y avait aussi Juste Fontaine qui était entraîneur, pour qui j’avais beaucoup d’admiration. Tout cela a fait que le PSG était pour moi une destination tout désignée.

 

 

On dit que vous avez été approché par les autorités françaises, à maintes reprises, pour vous convaincre d’endosser le maillot tricolore. Peut-on connaître les raisons de votre refus ?

C’est une chose que je ne peux expliquer. Pour moi c’était une question de principe. Mon cœur battait pour l’Algérie, je ne pouvais trahir mes sentiments.  Je suis fier de ce que j’ai fait et si c’était à refaire, je referai le même choix.

 

 

Est-ce cette volonté de toujours bien vouloir servir sa patrie qui vous a permis de jouer à un poste inhabituel face à l’Allemagne lors du Mondial 82 ?

Il faut savoir se mettre au service du groupe. L’important, c’était de permettre à l’équipe de tirer profit au maximum des capacités de chacun d’entre nous pour espérer avoir le meilleur rendement possible. C’était ce qui comptait pour nous.

 

 

Lorsque Mahieddine Khalef vous a demandé de reculer d’une cran au milieu du terrain pour laisser Lakhdar Belloumi jouer libre devant, quelle a été votre première réaction ?

Mais ce n’était pas lui qui avait opté pour cette stratégie.

Ce n’était pas Khalef qui m’avait demandé de jouer à ce nouveau poste, c’est moi-même qui avait procédé à cette réorganisation.

 

 

Comment cela ?

Avant le match, aux vestiaires, c’était à Belloumi que Khalef avait demandé de reculer d’un cran pour que moi je puisse jouer en numéro 10.

Sur le terrain, avant le coup d’envoi, j’avais appelé Belloumi et Fergani avec lesquels je me suis entendu sur cette nouvelle disposition sur le terrain.

 

 

 

 

Pourquoi avec-vous opté pour ce remaniement ?

C’était une chose qui s’imposait, Belloumi,  en dépit de ses grandes qualités techniques était jeune.

Il avait à peine 23 ans et il revenait d’une blessure. Il pouvait ne pas s’adapter à ce nouveau poste et quand on a la grande équipe de la RFA en face, on n’a pas le droit de prendre des risques.

 

 

Pensez-vous que sans ce match de “la honte” entre la RFA et l’Autriche, l’Algérie aurait pu aller très loin dans ce Mondial ?

C’était nous qui lui avions offert cette possibilité de combine. On aurait pu faire mieux et éviter tout cela. On avait la possibilité de battre l’Autriche ou encore de ne pas encaisser les deux buts face au Chili alors qu’on menait 3 à 0.

 

 

Soyez plus explicite …

Il y avait des choses qui s’étaient passées bien avant ce Mondial, qui à mon sens, restent sans explications. Tous les acteurs de la qualification, dirigeants et entraîneurs notamment, ont été virés étrangement avant le début de cette phase finale. Khaled n’avait que 36 ans ; il était trop jeune pour occuper ce poste, d’ailleurs, il devait refuser. On avait bien vu que contre l’Autriche, il y avait un manque flagrant de rigueur tactique, des défenseurs s’étaient retrouvés attaquants.

Nous avions trop versé dans l’autosatisfaction au point de croire qu’on ne veut retenir que les bonnes choses.

 

 

Que voulez-vous dire ?

Il faut savoir faire dans l’autocritique pour avancer même quand le résultat nous parait positif. Il faut toujours chercher à faire plus. Il n’y avait pas que les bonnes choses. Pourquoi a-t-on écarté Medjadi et retenu Korichi alors qu’ils avaient été condamnés pour la même faute ?

Ce deux poids deux mesures s’explique par le fait que Medjadi était remplaçant alors que Korichi, on ne pouvait pas s’en passer. Où est la discipline du groupe ? En outre, Bourebou a été remplacé face au Chili alors qu’il était le meilleur joueur sur le terrain et qu’on menait 3 à 0 ? Moi je suis convaincu qu’on pouvait faire mieux, on avait un bon groupe. Dommage …

 

 

Après votre génération, celle des années 80, nos responsables n’arrivent toujours pas à assurer la relève. Qu’en pensez-vous ?

Il faut peut-être penser à changer le système et non les personnes comme certains continuent de le croire.

Il faut qu’il y ait une véritable refonte, basée sur un travail de fond pour espérer y remédier. Un suivi permanent s’impose. L’équipe de 80 n’a été que le résultat d’un travail étalé sur une dizaine d’années.

 

 

Maintenant, rapidement, que pensez-vous de la JSK ?

Encore une fois, elle est sacrée champion d’Algérie et confirme ainsi son statut de meilleure équipe du pays.

 

 

De Saïb ?

On lui a fait confiance et il n’a pas déçu…

 

 

De la JSMB ?

J’espère de tout cœur qu’elle remporte la Coupe d’Algérie face à Tlemcen. D’ailleurs je ferai tout pour y assister.

 

 

De Lakhdar Belloumi ?

C’est du talent à l’état pur. Il avait une classe mondiale.

 

 

De Zinedine Zidane ?

Tout simplement le meilleur joueur issu de parents émigrés après l’époque de Platini.

Entretien réalisé par A. Kaci

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Thu, 12 Jun 2008 09:18:43 GMT http://webawal.dzblog.com/article-244679.html
Le retour des Abranis http://webawal.dzblog.com/article-244335.html
Son, Verbe et Lumière

"Son, Verbe et Lumière", tel est le titre du prochain concert du groupe de rock kabyle, les "Abranis", qui aura lieu jeudi 12 juin au Théâtre de verdure.  Une conférence de presse relative à cet événement s'est tenue hier à l'établissement "Arts et Culture" avec la présence de Karim Abranis (Cid Mohand-Tahar), le fondateur du groupe et son attaché de presse.

Principaux sujets traités : le riche passé historique du groupe qui a fait sa première apparition publique en 1973, le duo fondateur d'une équipe déjà prometteuse, à savoir Cid Mohand Tahar (alias Karim) et Shamy Chemini. Ce groupe n'a cessé depuis de se multiplier avec de nouveaux musiciens de talent tel le guitariste Yannick Guillo qui a rejoint l'équipe en 1983 sans oublier le grand maître du rythme : Arezki Baroudi.

Karim a tenu aussi à préciser l'aspect essentiellement philosophique du groupe, soulignant que ce dernier est plutôt un concept qu'une formation figée. Cette philosophie consiste, selon le membre fondateur, en une spiritualité libérée des exigences religieuse, politique ou sociale. Leur répertoire n'est pas, affirme-t-il, une denrée périssable, relative à une époque ou un courant donné mais au contraire un produit hors temps, se voulant toujours libre et tout à fait artistique, évitant de se marquer avec une quelconque actualité, idée politique ou courant religieux. C'est sur cela justement que repose la "spiritualité" du groupe (plusieurs fois citée par Karim). Jaloux de son indépendance et sa liberté, le groupe ne fait ni dans l'événementiel ni dans la morale mais il tient à préserver, à protéger et à enrichir l'aspect purement artistique de leur œuvre ; ce qu'on peut appeler aussi et sans hésiter de l'art pour l'art.

Karim Abranis a parlé en outre de quelques chansons du groupe, ayant pour trait de transgresser les frontières géographiques, politiques, sociales et temporelles qui séparent les peuples pour inciter le public à ouvrir les yeux sur le monde, telle la chanson "Walli Kan", ou encore leur interprétation d'un poème de Si M'hand ou M'hand qui est selon notre artiste un poète intemporel, impérissable et toujours d'actualité.

Le groupe revisitera donc dans ce prochain concert son riche répertoire allant du zandali,  heddi,  berouali au  funk, rock, rap et du reggae. Plusieurs chansons cultes du groupe feront le bonheur des spectateurs, telles "Lynda", "Chnagh le Blues" (la chanson fétiche de Karim), "Abehri" ou encore la mythique "Ameksa d yizem".  Les Abranis ont invité pour ce méga-concert d'autres groupes de rock algériens, à savoir "Dzaïr", "Djamaoui Africa" et d'autres. Une noble initiative pour affirmer que le rock, "art revendicatif et révolutionnaire", existe et vit en Algérie.

Karim, à l'approche de la soixantaine, déclare que ce concert pourrait être son dernier. L'artiste veut prendre une retraite bien méritée après 42 ans de dur labeur et de passion déchainée pour l'art, la musique et la scène.

Rappelons que le groupe ne s'est pas produit en Algérie depuis 1986. Karim espère toutefois que les anciens fans ne l'avaient pas oublié et qu'ils seront nombreux avec leurs enfants "à qui il est impératif de transmettre l'amour de la musique et de l'art en général".

Le directeur de l'Etablissement Arts et Culture, M. Mohammedi, a tenu à remercier le groupe pour avoir accepté son invitation et espère être à la hauteur de cet engagement, surtout en ce qui concerne l'organisation et le travail technique. A ce propos, il a précisé qu'une salle de 5 000 places sera consacrée à ce grand événement.

Le retour des Abranis après 22 ans d'absence de la scène algérienne n'est pas à rater. Après Alger, ce jeudi 12 juin, le groupe fera une tournée dans différentes wilayas du pays, à savoir Boumerdès le 18 juin, Tizi-Ouzou le 19, Bougie le 23, Sétif le 24, Bourdj Bou-arréridj le 25 et Bouira le 26. Un nouvel album est également en préparation et dont la sortie est prévue pour fin 2008 ou début 2009.

Karim Abranis a aimablement conclu la conférence de presse en chantant aux journalistes et artistes présents un refrain d'une de ses célèbres chansons. La voix est toujours pure et puissante, le concert n'en sera que plus flamboyant!

 Sarah Haidar

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Mon, 09 Jun 2008 23:00:19 GMT http://webawal.dzblog.com/article-244335.html
Cherif Kheddam http://webawal.dzblog.com/article-243881.html
Un raffinement esthétique d’une exceptionnelle vivacité

Chérif Kheddam s'est révélé un grand poète lyrique et romantique qui a composé des textes que ni le temps ni les vicissitudes de la vie ne pourront effacer. Son répertoire est d'une diversité étonnante. L'auteur a chanté l'amour avec une rare sensibilité dans des tableaux magnifiques pleins d'émotion et de subtile tendresse. Il a chanté la patrie, l'Algérie, la Kabylie, avec la conviction inébranlable d'un patriote doublé d'un esthète éclectique, ce qui lui a permis de fouiller dans les pierres, les ravins et les monts du pays, de héler à partir des buttes et des collines ses compatriotes exilés en ville ou à l'étranger, de chanter le hosanna pour le basilic du jardin, la rose des haies, l'herbe des prés, l'arbre des forêts et les cailloux des sentiers et des raidillons.

Ceux qui, après les manifestions de Cherif Kheddam au cours de ces deux dernières années (galas, soirée spéciale sur la radio…), ont parlé de la “réhabilitation” de l’artiste, devraient certainement revoir leur copie tant ce géant de la chanson kabyle n’a jamais abandonné le domaine qui est le sien et qui est inscrit sur son front à la manière d’un destin ; comme il n’a jamais été oublié ni renié par son public, public qu’il a habitué à l’élévation et au raffinement esthétiques peu communs. Il est maintenant établi que c'est lui qui a mis sur l'orbite de la modernité la chanson kabyle avant que perce d'une manière éclatante la génération des années 70 avec Idir, Ferhat Imazighen Imula. Il a, de ce fait, innové d'une façon extraordinaire dans le domaine musical si bien que beaucoup de gens "oublient" que ses musiques sont montées sur des chansons, c'est-à-dire des poèmes. Et dans ce chapitre précis, Chérif Kheddam s'est révélé un grand poète lyrique et romantique qui a composé des textes que ni le temps ni les vicissitudes de la vie ne pourront effacer. Son répertoire est d'une diversité étonnante. L'auteur a chanté l'amour avec une rare sensibilité dans des tableaux magnifiques pleins d'émotion et de subtile tendresse. Il a chanté la patrie, l'Algérie, la Kabylie, avec la conviction inébranlable d'un patriote doublé d'un esthète éclectique, ce qui lui a permis de fouiller dans les pierres, les ravins et les monts du pays, de héler à partir des buttes et des collines ses compatriotes exilés en ville ou à l'étranger, de chanter le hosanna pour le basilic du jardin, la rose des haies, l'herbe des prés, l'arbre des forêts et les cailloux des sentiers et des raidillons. Né le 1er janvier 1927 au village des Ath Bou Messaoud (Ferhounène), dans la wilaya de Tizi Ouzou, Chérif Kheddam est l'aîné de cinq enfants dont le père, Omar, ne savait ni lire ni écrire, mais, muezzin, il était un homme pieux et respecté. Achour Cheurfi donne une biographie assez complète du chanteur dans son Dictionnaire biographique des écrivains algériens (Editions Casbah, 2003). Il nous apprend que Chérif Kheddam appartient à une modeste famille maraboutique affiliée à la confrérie des Rahmania. En 1932, le père émigre en France, et à son retour en 1936, il décide d'envoyer son fils à l'école française située à 17 km. Toutefois, les conditions étant dures, il change d'avis et l'envoie chez Cheikh Oubelkacem de la zaouïa des Boudjellil, située en face de Tazmalt, dans la wilaya de Bgayet. "C'est à la zaouïa, en internat, que l'on apprécie sa voix pour la première fois en psalmodiant le Coran", écrit A. Cheurfi. En 1942, il termine son cours coranique après avoir appris par cœur les soixante versets du Coran. N'ayant pas d'occupation précise au village, il finit par débarquer à Alger à l'âge de 12 ans pour travailler comme journalier dans une entreprise de construction à Oued Smar. Il y reste trois années pendant lesquelles il fait connaissance avec des militants nationalistes et prend conscience des rapports de domination établis entre les colons et les "indigènes". Suite à une dispute avec son patron, il quitte Oued Smar pour se rendre en métropole en septembre 1947. Il s'établit à Saint-Denis puis à Epinay. De 1947 à 1952, il exerce dans une fonderie et, de 1953 à 1961, dans une entreprise de peinture. Parallèlement à son dur métier, C. Kheddam prend des cours de solfège le soir chez des particuliers. On le retrouve en 1954 au sein d'une troupe de musiciens qui jouait dans des cafés. Accompagné de leurs morceaux, Chérif chantait. Il lui arrivait de taquiner la muse en grattant la guitare au milieu du groupe. Ses compagnons artistes se rendent compte que son passage par la zaouïa n'était pas inutile puisque sa voix était déjà travaillée par l'exercice de la psalmodie. Cheurfi écrit à ce sujet : "Mais, ayant rompu avec le sacré, rien ne lui interdit de prendre en charge le profane. Parce qu'il ne pouvait pas se dresser comme son père au faîte d'un minaret, il chercha donc, par des voies détournées, comment agencer des notes de musique et plus tard diriger un orchestre." Tahar Djaout écrit à propos de l'exil de Chérif Kheddam : "C'est en France où il arrive à l'âge de 21 ans qu'il découvre vraiment l'art : la chanson maghrébine, arabe ou occidentale, les films égyptiens. Chérif Kheddam s'intéresse à tout cela de façon presque ludique. S'il y a chez lui une "arrière-pensée" professionnelle, il ne se prend pas pour autant au sérieux, ne pense pas pouvoir un jour vivre de l'art. Pour la chanson kabyle de l'époque, la scène était occupée par Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui et Alloua Zerrouki. (...) Tout en demeurant sensible à toute belle musique, Chérif Kheddam se sent de plus en plus attiré par l'art occidental. Il découvre la musique classique, s'en imprègne, éprouve pour elle un grand penchant." (Ruptures, n°3 du 27 janvier au 2 février 1993).

 

Par les chemins de la musique

 

 

C'est en 1955 qu'il compose sa première chanson A yellis n'tmurtiw enregistrée le mois de juillet sur un disque 78-tours grâce au concours d'un ami français, libraire de profession, qu'il avait connu en 1949 à Montmorency. Ce premier enregistrement fut réalisé à compte d'auteur au prix de 600 francs anciens. La diffusion du disque par la RTF (Radio-Télévision française) lui assura un certain succès. Remarqué dès cette première œuvre, Chérif Kheddam fut recommandé à la boîte Pathé-Marconi EMI (filiale italienne) qui lui établit un contrat en 1956. Il compose pour Radio Paris, puis pour l'ORTF plusieurs morceaux exécutés par le grand orchestre de la radio sous la direction de Pierre Duvivier. D'autres pièces sont interprétées en 1963 par l'orchestre de l'Opéra comique. "Dès ses débuts, écrit Tahar Djaout, Chérif Kheddam a été considéré comme un révolté, un enfant indocile qui bouscule les conventions et les tabous. Dans une société aussi austère que la société kabyle traditionnelle, où la beauté même est suspecte, les chansons de Chérif Kheddam ont paru, à la fois par leur élaboration harmonique et leurs thèmes souvent hardis notamment dans le registre amoureux, déroutantes, presque inconvenantes. Mais du côté de ses confrères chanteurs, on a compris que la démarche de Chérif Kheddam est une démarche d'avenir. Son exemple ne tarde pas à être suivi. A tel point qu'une sorte d'école s'est constituée juste après l'Indépendance." Chérif Kheddam acquiert les bases de la musique orientale auprès du grand Mohamed Jamoussi, et pour développer sa technique musicale, il prend des cours chez le professeur Fernand Lamy, inspecteur des conservatoires nationaux de musique en France, maître du grand orchestre italien Roberto Benzi. Cela lui permet d'établir un équilibre harmonieux entre les mélodies orientales et les influences occidentales. Après l'étude du solfège, de l'harmonie, les leçons de luth et de piano, le voilà armé pour affronter la composition. “Avec plus d'ouverture sur le monde extérieur, il conserve la base mélodique de la chanson kabyle, mais la transforme, la façonne, la rénove pour lui donner un style”, écrit à ce propos A. Cheurfi.

 

 

Le verbe et sa mélodie

 

 

Pendant l'année 1958, Chérif Kheddam composa et enregistra certaines de ses plus belles chansons : Nadia, Djurdjura, Khir Ajellav n'Tmurtiw, entre autres. Chérif Kheddam, qui a une très haute idée de la poésie, ne se considère pas comme un poète : il a affirmé à plusieurs reprises que, pour lui, la musique est plus importante que les paroles, témoigne Tahar Djaout. Et pourtant, les compositions poétiques de notre chanteur sont d'une extrême sensibilité, d'une rythmique envoûtante faisant mouvoir un appareil métaphorique d'une originalité certaine. Qu'il chante la femme kabyle, la montagne du Djurdjura, l'exil, la patrie, l'indépendance, l'amour et ses déboires, Chérif Kheddam exalte des valeurs esthétiques indéniables et s'éloigne du moralisme ambiant ayant marqué certains chanteurs de l'époque. La chanson Alemri est un exemple de réussite poétique et musicale qui fait partie des œuvres éternelles de l'auteur. T. Djaout, marqué par ce poème, en a traduit quelques strophes :

 

"O miroir, ton destin est plus enviable que le mien.

Je suis comme un dément Et n'aspire qu'à te ressembler.

L'amour te visite à tout moment

Lorsque la belle descend

Et devant toi se teint au henné.

Colombe se pavanant dans les prés,

Elle est exempte de tout défaut

Ne se laisse pas séduire par l'inconnu.

Nous demandons à Dieu aimé

Que notre tour arrive

De célébrer ensemble notre joie.

Elle te fixe sans fausse pudeur.

C'est ta compagnie qu'elle sollicite

Si tu avais su comprendre.

Ami, sois heureux avec elle,

Enivre-toi de son parfum ;

Je sais que tu me surpasses en chance.

Elle se peigne, parfait sa coiffure,

Se regarde soigneusement

Pour repérer le défaut.

Sa beauté, sa taille sont impeccables,

Tout en elle crie la perfection.

Elle est pareille au fruit mûr."

 

Former les jeunes au sens esthétique

 

 

En 1963, Chérif Kheddam rentre au pays et prend contact avec la Chaîne II de la Radio nationale qui l'engage aussitôt. Il avait animé plusieurs émissions de radio, mais c'est avec Ighennayen Uzekka qu'il sera connu et hautement apprécié pour avoir déniché des talents, conseillé et encouragé les nouveaux venus au monde de la chanson. Son émission équivalait à un sévère jury qui donnait le quitus à un avenir artistique pour le candidat ou le conseil pour s'éloigner d'une aventure où il risquerait de perdre du temps et de l'énergie pour rien. Aït Menguellet passa "l'examen" avec succès.

Dans un témoignage vidéo (Meskud igenni), Lounis avoue sa surprise et en même temps sa joie lorsque Chérif Kheddam lui demanda si c'était lui-même qui avait composé la chanson qu'il venait d'exécuter. Puisque C. Kheddam en était frappé à ce point, il n'y avait donc rien à redire : le chemin vers la gloire est tout tracé. D'autres futures vedettes comme Idir, Imazighen Imula et le groupe Yougourten sont passés par les services précieux de C. Kheddam. Il est aussi sollicité comme professionnel dans une commission d'écoute en kabyle et en arabe au sein de l'ex-RTA.

C'est grâce à lui que la chorale du lycée Fadhma-n'Soumer fut créée. L'idée se propagea aux autres établissements jusqu'à sélectionner plus tard les chorales du lycée Amirouche et du lycée El Khensa, d'où sortira par exemple la célèbre Malika Domrane. Chérif Kheddam prit sa retraite administrative en 1988 et vit à Rouiba. D'après certaines informations, il serait fatigué et malade. Longue vie à Dda Chérif ! Une thématique dense et plurielle

La chanson de Chérif Kheddam traite merveilleusement de tous les thèmes de la vie. L'on peut affirmer que le point de rencontre ou le sujet fédérateur de ces thèmes est l'amour : amour de la beauté féminine, amour pour sa patrie, sa région et son identité et enfin amour pour l'art : "La beauté et l'art ont pris Toute ma vie Mon âme va avec eux ; Jusqu'à m'oublier." Que voit l'artiste dans son rêve ? Une belle mélodie qui chasse son ennui. Il a chanté la liberté de la femme qui "ne doit avoir d'autre voile que celui de sa pudeur et de sa dignité" dans une chanson qui date de 1961 : "Quel est le voile d'une femme libre ? C'est le sens, la dignité qu'elle possède, Elle se passe allègrement du voile et du haïk. Puisque nous nous disons modernes, Laissons-la travailler et élever ses enfants. Elle doit avoir sa part dans la réflexion." Hymne au pays natal, odes dédiées à la terre nourricière et chant pour la patrie éternelle sont les grandes épopées musicales et poétiques de Chérif Kheddam. Ainsi dans Aha kker zwi imanik, il appelle la jeunesse à se réveiller et à prendre en charge le patrimoine fabuleux laissé par nos ancêtres : "Lève-toi et dépoussière-toi ; T'est pris par la somnolence ! Les richesses que recèle ton pays Attendent un geste de ta part. Jette un regard vers le legs de tes ancêtres Regarde un peu en arrière. Tu as bien des aïeux Et ne dérive pas d'un chêne." Peut-on parler de Chérif Kheddam sans citer Nouara, la diva qui l'a accompagné dans un grand nombre de ses chansons et à qui il a composé des poèmes et des musiques ? Cet heureux mariage artistique entre deux sommets de l'art est sans doute un exemple unique dans la chanson kabyle en matière d'harmonie, de symbiose esthétique et d'affinités électives. Monument de la chanson dans ses corpus poétique et instrumental, Chérif Kheddam demeure un exemple d'artiste humble et profond, de visionnaire en matière d'art et de pédagogie pour avoir formé et propulsé de grands talents devenus célèbres par la suite. Il marque d'une empreinte indélébile la chanson et l'art kabyles.

 

Amar Naït Messaoud

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Fri, 06 Jun 2008 22:22:53 GMT http://webawal.dzblog.com/article-243881.html
Djaout, symbole de l'intelligence humaniste décapitée http://webawal.dzblog.com/article-242643.html Assassiné en 1993
 
 

 “S’il n’a pas survécu à ces balles assassines, Il aura en revanche dénudé l’hérésie. Il aura mis le doigt sur le mal qui nous mine

Qui fait que l’ignorance assassine le génie’’.

Ahmed Radja

In : Poids des jours ;

Éditions El Amel, Tizi Ouzou-2003

 

 

 

L’élite algérienne en général et celle de Kabylie en particulier ne se consoleront pas de sitôt de la décapitation qui les frappa en la personne de Tahar Djaout en ce funeste jour du 26 mai 1993.Victime d’un attentat terroriste au pied du bâtiment où il réside à Baïnem, Tahar Djaout y succombera, après une semaine de coma, le 2 juin. Hélé par un inconnu qui l’appela par son prénom au moment où il mit la clef de contact dans sa voiture, il redressa innocemment sa tête en direction du jeune pour recevoir…une balle qui lui sera fatale. C’était trois semaines avant l’assassinat d’un autre intellectuel, Mahfoud Boucebsi- qui faisait partie d’un groupe créé pour demander la vérité sur l’attentat commis contre Djaout- et un mois avant l’assassinat du président du HCE, Mohamed Boudiaf. On ne sait si un jour l’Histoire pourra se pencher sur cette période noire de l’Algérie qui a vu la fine fleur du pays décapitée au nom de l’idéologie intégriste. Medjoubi, Alloula, Belkhenchir, Chergou, Mekbel, Boukhobza, Liabès et tant d’autres cadres et intellectuels ont subi le sort macabre décidé par une secte d’assassins. Chaque semaine, un nom nouveau s’ajoutait au martyrologe. A tous, il est reproché la libre pensée, la franchise, l’honnêteté et l’engagement dans la société. Fallait-il se taire ou continuer à parler, à écrire et à se battre pour faire valoir la raison, l’intelligence et la vie ? Djaout n’y va pas par quatre chemins pour nous appeler à mourir dans la dignité : «Si tu parles, tu meurs ; si tu te tais, tu meurs. Alors, parle et meurs !». Cette citation deviendra une devise que même les Taggueurs de Kabylie reproduiront sur les murs lors des journées sanglantes de la révolte citoyenne en 2001.

Au lendemain de la mort de Djaout, un autre écrivain, Rachid Mimouni, qui mourra quelques années plus tard dans son exil de Tanger, écrira, avec la rage au cœur, dans le journal Le Monde du 13 juin 1993: «Tuez-les tous et qu’Allah n’en reconnaisse aucun ! Telle semble être la devise des intégristes algériens. L’écrivain Tahar Djaout, âgé de trente-neuf ans, vient d’être victime de cette furie meurtrière. Pourquoi s’est-on attaqué à lui ? Il s’est toujours tenu à l’écart du champ politique et n’a jamais occupé un poste dans l’appareil de l’État (…) Les intellectuels constituent désormais leur cible privilégiée. Ils sont d’autant plus faciles à atteindre qu’ils habitent dans des quartiers populaires, fiefs intégristes, et ne bénéficient d’aucune protection. Ils ne savent plus pourquoi ils vont mourir. Les Intégristes leur promettent une balle dans la tête, et le chef du gouvernement les traite de “laïco-assimilationnistes’’, ce qui est une forme d’incitation au meurtre».  Tahar Djaout était l’un des représentant authentiques de la génération de l’Indépendance qui a exprimé en français l’âme de son peuple avec ses prouesses et ses déconvenues, ses aspirations et ses désenchantements. Il était, de ce point de vue, l’espoir incontestable de la nouvelle littérature algérienne d’expression française et devait être la relève des Mammeri, Dib, Feraoun et Kateb. Son parcours, comme celui de beaucoup d’autres patriotes et intellectuels, fut stoppé net par les chasseurs de lumière.

Comme beaucoup d’artistes de renom, Djaout est issu de la Kabylie maritime. Il est né le 11 janvier 1954 à Oulkhou, dans la commune d’Aït Chafaâ. A quelques kilomètres de la mer, Oulkhou est entouré d’un chapelet d’autres bourgades aussi pittoresques les unes que les autres. Aït Ali Oulmahdi, Ighil Mahmed, Ichelatène et les célèbres Igoujdal qui sortirent de l’anonymat en 1994 en organisant, les premiers, la résistance contre les hordes terroristes à l’échelle du village. Le principe finira par faire tâche d’huile un peu partout dans les villages de crête ou des vallons.

 

Un parcours fait de passion et de convictions

 

Ayant fait ses études à Alger, Tahar Djaout est resté profondément imprégné du massif de Tigrine et des eaux cristallines de Sidi Khelifa. Ne s’étant pas contenté de sa licence en mathématiques, il alla en décrocher une autre en communication à l’Université de Paris II.  Il commencera sa carrière journalistique par l’inévitable El Moudjahid, puis rejoint l’équipe d’Algérie-Actualité, hebdomadaire du secteur public dont la qualité et la liberté de ton étaient surprenantes par rapport au reste des médias détenus par le pouvoir politique de l’époque. Nous attendions impatiemment, chaque jeudi, les écrits de Djaout, Abdelkrim Djaâd, Mohamed Balhi, Ahmed Ben Allam, Azeddine Mabrouki, etc. Un véritable régal, une bouffée d’oxygène dans la morosité ambiante de la culture du parti unique qui n’arrivait pas à être en phase avec le bouillonnement de la jeunesse et les aspirations de la population.

Djaout était une plume distinguée, raffinée et diaphane. Nous nous retrouvions aisément dans ses articles. Qu’il traite de la culture ou de la société, et malgré les limites imposées par le système, il nous appris à lire entre les lignes, derrière les mots et au-dessous des mots. L’on se souvient encore de ses entretiens avec des auteurs connus ou moins connus, mais toujours appréciés et dégustés. A défaut de revues littéraires de l’envergure de la NRF ou d’Europe ou bien même de Promesses (revue littéraire algérienne des années 1960/70), Algérie-Actualité, dont il faudra un jour écrire l’histoire, jouait le rôle de tribune d’expression pour beaucoup d’intellectuels et universitaires (Mostefa Lacheraf, Ali El Kenz, Lotfi Meherzi,…). La 24e page, qui se continuait dans la 23e !, était souvent animée par Tahar Djaout. Amoureux des Arts et des Lettres, il a réalisé des entretiens historiques : Adonis, Albert Cossery, Benhadouga, Alain Vircondelet, Jean Pierre Faye, Bernard Noël, Mouloud Mammeri,…

Rappelons-nous cette émouvante et testamentaire “Lettre à Dda Lmulud’’, écrite au lendemain de la disparition de Mammeri en février 1989. La lettre fut publiée dans Algérie-Actualité du 9 mars et fut accompagnée d’une mémorable illustration signée par le peintre Tighilt Rachid originaire d’Agouni n’Teslent. Djaout y disait notamment : «Le soir où la télévision avait annoncé laconiquement et brutalement ta mort, je n’ai pu m’empêcher, en dépit de l’indicible émotion, de remarquer que c’était la deuxième fois qu’elle parlait de toi: la première fois pour t’insulter lorsque, en 1980, une campagne honteusement diffamatoire a été déclenchée contre toi, et la deuxième fois, neuf ans plus tard, pour nous annoncer ta disparition. La télévision de ton pays n’avait aucun document à nous montrer sur toi ; elle ne t’avait jamais filmé, elle ne t’avait jamais donné la parole, elle qui a pérennisé en des kilomètres de pellicules tant d’intellectuels approximatifs, tant de manieurs de plumes aux ordres du pouvoir».

Je revois encore Tahar Djaout assis entre Ben Mohamed et Mammeri dans une conférence sur Si Muh U M’hand le 25 décembre 1988 organisée dans la salle de cinéma de Aïn El Hammam (ex-Michelet). Djaout ne pouvant se départir de son réflexe de matheux dénicha une petite “anomalie’’ dans la date présumée de la naissance du plus grand poète kabyle. Mais, timide et réservé qu’il était — malgré le bon sourire qu’il arbora —, il chuchota discrètement cette observation à l’oreille gauche de Ben Mohamed. C’est ce dernier qui formula publiquement l’interrogation de Djaout. Mammeri répondra en relativisant la connaissance que nous avons de la date exacte de la naissance de Si Muhand.

Le parcours journalistique de Djaout ne pouvait plus continuer dans un organe étatique au moment où une “ouverture démocratique’’ s’opérait dans le pays juste après les événements d’octobre 1988. Une floraison de journaux allait voir le jour, et l’aventure intellectuelle allait se concrétiser en janvier 1993 lorsque Djaout fonda avec Abdelkrim Djaâd et Arezki Metref l’hebdomadaire Ruptures, un journal de haute facture intellectuelle et de franche ligne républicaine et démocratique. La “vocation” hebdomadaire de la plume de Djaout y trouvera toute son expression. La typologie de la 24e page reproduit quelque peu celle d’Algérie-Actualité en se faisant le miroir du journal par la présentation de grands entretiens avec les hommes de culture, les intellectuels et les animateurs du monde des arts. Djaout a pu imprimer aux journaux dans lesquels il a travaillé l’empreinte culturelle, la sensualité artistique et littéraire et la touche intellectuelle, qualités rares dans les publications de l’époque et même dans celles d’aujourd’hui.

 

La rébellion par l’écriture

 

Le journalisme mène à tout à condition d’en sortir. Voici une maxime à laquelle le parcours de Djaout a fait une entorse. En effet, il a eu à mener de front l’écriture littéraire (roman, poésie, nouvelle) et l’écriture journalistique laquelle, il faut l’avouer, n’est pas dénuée d’une préoccupation esthétique hautement littéraire. Ce syncrétisme heureux a fait un peu la particularité de Djaout par rapport à ceux de sa génération tels que Rabah Belamri ou Rachid Mimouni.

Les premiers recueils poétiques de Djaout remontent aux années 1973-74. Solstice barbelé et L’Arche à-vau-l’eau  sont des poèmes de révolte, de contestation, au style quelque peu iconoclaste, du moins peu coutumier :

«De ma bouche

Grotte obscure

Depuis longtemps sans vie

Coulera la parole

Porteuse de l’espoir»

in “L’Arche à-vau-l’eau’’

 

Après quatre recueils de poèmes, il publia en 1981 l’énigmatique roman L’Exproprié. Écriture cabrée soutenue par un déluge de mots au preste souffle, histoire à la fois une et hachée et, enfin, une langue non conventionnelle interdisant toute somnolence au lecteur. Le professeur Jean Déjeux, spécialiste de la littérature algérienne, avoue que ce n’est pas un roman facile à lire. Il rappelle ce qu’en dit Djaout lui-même : plutôt qu’un roman, L’Exproprié est une somme de réflexions gravées comme des cicatrices. Déjeux note que le texte tourne autour de thèmes précis : le langage, l’identité, l’exil. Le héros est doublement exproprié : d’un espace natal, de sa légende et de ses mots. En cela, Djaout rejoint la grande problématique traitée par beaucoup d’écrivains maghrébins de langue française, la problématique de l’exil dans son acception la plus dramatique — exil intérieur généré par la dualité culturelle, le malaise psychologique et les ruptures brutales au sein de la société — dépassant de loin le sens géographique de l’exil.

Après son premier roman, suivront Les Chercheurs d’os, une allégorie sur l’Algérie de l’après-Indépendance et le sort réservé aux anciens combattants. L’Invention du désert, un retour sur l’histoire médiévale du pays avec ses excès rigoristes ; un tableau qui ne fait pas mystère de certaines références à l’actualité du pays des deux dernières décades du XXe siècle. Le dernier roman publié avant son assassinat, Les Vigiles (1991), et par lequel il fut lauréat du Prix Méditerranée, est une dénonciation de la bureaucratie prédatrice et castratrice par laquelle est gouverné le pays et de son pendant, l’islamisme. Le Dernier été de la raison est un roman posthume de Djaout publié en 1999. Il y règne un univers de glaciation liturgique et martiale d’où n’émergent que quelques audacieux intrépides comme le fameux Boualem le libraire, qui donnent l’image de fous esseulés.  «Il y a une sorte de bonheur balzacien de la limpidité et du déchiffrement immédiat du monde, un désir d’ancrage dans le réel et un plaisir de créer des choses tellement transparentes qu’on a l’impression de palper la réalité juste derrière. Mais, il y a aussi un désir plus complexe, plus jouissif et plus douloureux en même temps que plus ambitieux, qui est de restructurer les choses et le monde, avec une architecture plus novatrice, des interrogations plus profondes et une introspection très fouillée. Il y a donc une écriture de la lisibilité et du bonheur et une écriture du déchiffrement complexe», expliquera Djaout (in El Moudjahid du 18 août 1991.

Les émotions premières projetées dans la création

 

 

Entre les œuvres poétiques des années 70 et les œuvres romanesques des années 80 et 90, s’intercale un très beau recueil de nouvelles : Les Rets de l’oiseleur. L’art de la nouvelle n’étant pas le plus sollicité par nos écrivains vu la complexité du genre et l’absence d’un lectorat averti, il importe de noter ici que Djaout a réussi à dresser des tableaux merveilleux où se côtoient sans heurt le réalisme et le fantastique. Les ouvrages qui ont marqué l’art de la nouvelle en Algérie son surtout : Au Café de Mohamed Dib, Escales de Mouloud Mammeri et La Ceinture de l’ogresse de Rachid Mimouni. «La patrie n’est pas de l’ordre de l’espace mais du temps. Pour moi, la patrie de l’homme est un peu son enfance», disait Djaout. «La lecture de L’Appel de la forêt’ de Jacques London m’a donné, à l’âge de douze ans, l’envie de créer des êtres, des situations. Je voulais moi aussi ouvrir des portes sur l’aventure, à la fois pour moi-même et pour les autres. Je voulais être un créateur de l’imaginaire, un libérateur de l’imagination. Plus tard est venu le désir de faire passer à travers l’écriture, des idées, des soifs, des revendications diverses», ajoute-t-il dans un entretien à El Watan publié quelques mois après sa mort. À propos de ses rapports avec la nature, Tahar Djaout dira : «J’aime effectivement beaucoup la nature, dans une sorte de panthéisme que certains trouvent très lyrique. Elle est omniprésente dans ce que j’écris, à travers ses planètes, ses oiseaux, ses insectes, tous ces éléments qui lui prêtent leurs chants, leurs mouvements, leurs amours, leurs couleurs. C’est peut-être chez moi la recherche d’un âge du monde qui pourrait coïncider avec l’enfance» (El Watan, 23 novembre 1993). Dans un entretien antérieur avec le même journal (11 avril 1991), Djaout explique : «Je crois que l’univers mental de mes romans possède une sorte de noyau : un enfant regarde une rivière et rêve de changer le monde. Pour moi, écrivain, l’enfant n’est pas seulement l’âge de l’homme, c’est aussi l’âge du monde. Tout en homme en général, tout artiste en particulier, possède en son enfance un trésor d’émotions et de souvenirs. Je trouve que l’enfance est l’âge où l’homme fait le moins de concessions. C’est l’âge non seulement où il est plus beau, plus agile, plus intelligent, mais celui où il est le plus courageux.

L’enfant, en un mot, est beaucoup plus sérieux que l’adulte (…) Il est évident que la blessure de la fin de l’enfance est une blessure que je porterai toujours béante en moi».

Nous ne pouvons nous empêcher d’établir une relation avec le personnage Menouar des Vigiles’ : «L’espace illimité et tutélaire, Menouar l’avait connu dans sa jeunesse même à paître les chèvres, ses moutons et ses ânes. La seule barrière à son regard était une montagne pelée et ocre qu’il mettait une demi-journée à atteindre». En s’établissant en ville, près de la capitale, et après les premiers émerveillements, il finira par se sentir «comme un fauve en cage, comme une plante coincée dans le béton. Il se met à éprouver un besoin douloureux de buissons, la nostalgie de voir grandir les poussins et les agneaux, de humer les odeurs fortes de l’étable, des brebis qui ont mis bas…Il rêvait aussi d’un feu de bois, de la terre profonde et moite où macéraient les feuilles mortes».

 

Amar Naït Messaoud

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Thu, 29 May 2008 16:08:06 GMT http://webawal.dzblog.com/article-242643.html
Nouvel an Yennayer http://webawal.dzblog.com/article-208666.html aux sources des rites et de la symbolique


[Aps 11/1/08] ALGER - Les rites de la célébration du nouvel an amazigh Yennayer et sa symbolique, dans les quatre coins du pays, ont été mis en exergue, jeudi, lors d'une rencontre animée par des chercheurs et ethnologues à Alger. Les spécialistes ont évoqué les aspects festif et légendaire de Yennayer, fête marquant le début du calendrier amazigh et qui est étroitement lié aux changements de saisons et les différents cycles de végétation et qui s'ouvre le 12 janvier de chaque année. L'écrivain Saïd Bouterfa a préféré rappeler les origines et les fondements essentiels de la fête de Yennayer, célébrée, selon lui, depuis les temps les plus anciens de l'humanité, au lieu de se limiter à l'aspect "folklorique" de cette manifestation ancestrale.


Il a souligné que le dimension symbolique de Yennayer qui, cette année inaugure l'an 2958 du calendrier amazigh, puise essentiellement ses sources du "profond" lien existant entre l'homme et la nature et ses forces (pluies, froid, vents...etc.). M. Bouterfa a expliqué que la symbolique de Yennayer est un sujet "très vaste" du fait qu'elle était présente dans les sociétés primitives, affirmant que les rites de cette fête se croisent avec la dimension agricole au vue de "la sacralité" de la terre pour l'homme. Il a aussi indiqué que l'accueil d'une nouvelle année a existé "partout" dans le pays, par de nombreux rites qui prennent comme origines, des croyances anciennes ayant comme objectif de se prémunir contre les menaces de la nature, comme la sécheresse, les épidémies, la famine, par la présentation d'offrandes à la terre.

De son coté, l'ethnologue des régions sahariennes, M. Badi Dida a indiqué que la fête de Yennayer est appelée en Tamacheq "Ighef N'Awatayi", précisant qu'elle est célébrée différemment entre les touareg nomades et les sédentaires. Pour les touaregs sédentaires, le principal évènement organisé pour accueillir la nouvelle année est, selon M. Dida, la danse de la Sbeïba dont les chorégraphies représentent la succession des saisons, accompagnées de textes chantés tirés du répertoire agraire targui.

Pour leur part, les touareg nomades, fêtent le nouvel an ou Tafaski en tamacheq par le Tindi, en exécutant des danses et des chants en rapport avec la terre et la chronologie du nomadisme, a-t-il dit.

Le chercheur Nacer Bourdouz a évoqué quant à lui, la célébration de Yennayer dans la région de Chenoua (W.Tipaza) en mettant en exergue les différentes actions, telles que la préparation du pain à base d'herbes sauvages, l'interdiction de manger tout ce qui est acide ou piquant le soir du nouvel an, l'offre de friandises aux enfants, composées de fruits secs, noix, glands et amendes.

Il a tenu à souligner que même si Yennayer n'est pas une fête musulmane, celle-ci, "a pu s'adapter avec l'islam et changé d'aspects à travers les temps", précisant qu'il s'agit, actuellement, d'une occasion pour s'échanger les v"ux et les visites et rassembler les familles.

La célébration de la fête de Yennayer dans la région de M'zab (W. Ghardaïa) a, également, était expliquée par le chercheur Nouh Mefnoun Ahmed qui a indiqué que cette manifestation est une fête familiale et non publique.

A noter que cette rencontre, initiée par l'établissement "Arts et culture", a été suivie d'une soirée dédiée aux chants berbères, notamment, aux Achwiq

de la région de la Kabylie et aux chants de la vallée du M'zab.

La célébration de Yennayer se poursuivra demain (vendredi) au complexe Lâadi-Flici avec les troupes "Idhibalen" de Tizi-Ouzou, "Ahelil" de Gourara

(Timimoun), d'Imzad de la région de Djanet et la démonstration "Ayrad" (Carnaval de la région de Beni-Snouss à Tlemcen).



[Aps 11/1/08]

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Fri, 11 Jan 2008 20:54:29 GMT http://webawal.dzblog.com/article-208666.html
Un repère nommé Da l'Mulud http://webawal.dzblog.com/article-197234.html L’APPORT ANTHROPOLOGIQUE DE L’ÉCRIVAIN MOULOUD MAMMERI

 

On connaît beaucoup le côté écrivain, mais le côté anthropologue a été très peu développé.

Mouloud Mammeri, le défricheur de savoirs, est le thème d’une conférence animée, lundi dernier à la Médiathèque Bachir-Mentouri, par l’universitaire Ali Sayad et ce, pour mettre en valeur l’apport de l’écrivain Mouloud Mammeri dans le domaine anthropologique. Ali Sayad, anthropologue et écrivain, est l’un des premiers à avoir codifié la langue berbère avec feu Mouloud Mammeri. Il a passé un certain nombre d’années dans les Aurès, le Hoggar, et diverses contrées du Sud. Il a publié entre autres: Habits traditionnels et structures familiales, Rites de naissance, Stratégies matrimoniales chez les Ath Yenni, et aussi un nombre importants d’articles d’étude, et assuré la bibliographie analytique de l’Afrique du Nord et du Sahara. «On connaît beaucoup le côté écrivain de Mouloud Mammeri, mais le côté anthropologue a été très peu développé» a indiqué, dans son introduction le conférencier, qui a été d’abord élève de Mammeri puis son collaborateur à l’ex-Centre de recherches anthropologique, préhistorique et ethnographique (Crape), actuellement Cnrpah (Centre national de recherches préhistorique, anthropologique et historique). «Le travail anthropologique de Mammeri, qui a sillonné l’Algérie de long en large, porte sur la littérature orale du Gourara, la poésie berbère et les poèmes de Si Mohand», a affirmé l’intervenant, ajoutant que «Mouloud Mammeri a été le premier, le défricheur qui a ouvert la voie de la littérature orale». «A l’ancienne ethnographie, il lui substituait de manière claire et définitive la terminologie anglo-américaine d’anthropologie sociale et culturelle sans délaisser le volet préhistorique, qu’il renforçait par ailleurs», a relevé Ali Sayad. A propos de Mouloud Mammeri qui fit, a-t-il dit, du Crape «un lieu de convergence de préhistoriens, d’anthropologues, de sociologues, de linguistes, de géographes et d’historiens nationaux et également étrangers». Outre les travaux menés par Mouloud Mammeri, sur le terrain, particulièrement durant la période 1969 à 1979 au cours de laquelle il était à la tête du Crape, l’intervenant a rappelé les séminaires organisés à l’époque. Mammeri a institué, a-t-il précisé, deux types de séminaires, l’un fermé, c’est-à-dire réservé uniquement aux chercheurs de l’institut qui discutaient, autour d’un programme intégré, pour faire bénéficier les recherches personnelles des avantages d’un travail en équipe et associer davantage les recherches entreprises dans le cadre de la réalité algérienne, et l’autre ouvert aux intervenants extérieurs qui venaient aussi bien des universités nationales qu’étrangères. «A ce type de manifestations, le Crape organisait des portes ouvertes pour recevoir étudiants et chercheurs extérieurs, leur permettant ainsi de bénéficier des nouveaux acquis scientifiques», a expliqué le conférencier. Il a également ajouté que «dans l’esprit de ces séminaires, étaient débattus les problèmes afférents à la validité épistémologique ainsi qu’aux présupposés idéologiques de l’anthropologie classique, avec comme perspective plus lointaine, la définition d’une anthropologie dont les pays du Tiers-monde ne seraient plus seulement les sujets mais les acteurs». Ali Sayad a aussi, à cette occasion, évoqué «l’initiative de Mouloud Mammeri de créer la revue Libyca dans laquelle étaient publiés des articles reprenant des travaux originaux en préhistoire et en anthropologie socioculturelle, ainsi que la bibliographie systématique et, par rubrique scientifique, du Maghreb. De l’intérieur du pays, qu’ils soient universitaires ou simples curieux, Da l’Mouloud les recevait et leur ouvrait la bibliothèque qui devenait ainsi le lieu privilégié d’un fonds documentaire», a conclu l’anthropologue. Quel plus bel exemple pourrait-on trouver, pour signifier la considération pour ce grand homme nommé Da l’Mulud. Notre tradition la plus profonde, consiste à lui rendre hommahe et de souligner l’indissociable solidarité entre les intellectuels et les artistes.
Comme c’était le cas durant cette conférence, en l’occurrence, le conférencier avec ses témoignages et Mme Flora, la cantatrice avec ses chants rituels berbères et qui ne sont que des cris d’appartenance d’un peuple nomme les Berbères.

Idir AMMOUR

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Wed, 21 Nov 2007 09:59:32 GMT http://webawal.dzblog.com/article-197234.html
25e anniversaire de l'assassinat de Kamal Amzal http://webawal.dzblog.com/article-191921.html
Ancêtre du combat citoyen

Un quart de siècle déjà. Que le temps file ! et les oublieux ou amnésiques filent assurément  du mauvais coton.

Un quart de siècle après  l’assassinat de l’étudiant Amzal Kamal sur le campus de Ben Aknoun, les luttes idéologiques, politiques et sociales qui sustentaient le substratum de telles dérives n’ont pas substantiellement changé malgré le drame d’octobre qui frappera la jeunesse algérienne six ans plus tard, malgré les tentatives d’ouverture démocratique et de libéralisation économique opérées depuis les années 1990 et, enfin, en dépit de multiples autres assassinats qui ont emporté de simples citoyens comme des hommes de culture de la trempe de Tahar Djaout, Boucebsi, Matoub Lounès et d’autres encore. Et si le décor de l’Algérie des années 90 était planté en cette soirée du 2 novembre 1982 ? Il y a tout lieu, rétrospectivement, de le penser. La gestion de la donne islamiste, comme dans la plupart des pays arabes ayant pour seul souci la pérennité des régimes en place, obéissait à un jeu d’équilibrisme dangereux qui opposait la gauche progressiste à la frange la plus conservatrice du courant religieux. Dans la pratique, ce jeu a longtemps pris pour arène les campus des universités. Outre ce clivage idéologique classique et commun à plusieurs pays, l’Algérie se retrouvera avec les “circonstances aggravantes” d’une mouvance berbère qui n’a rien d’une idéologie importée ou d’un courant politique qui chercherait la prise de pouvoir, ce qui, certainement, aurait facilité sa domestication par la grâce de la rente et des privilèges.

Il se trouve que la revendication berbère a une profondeur historique indéniable et une légitimité populaire qui a fait d’elle un serment et un flambeau portés par des générations entières de militants humbles ou aguerris, avant et après l’indépendance du pays. Ce qui avait suscité plus de panique et de réactions violentes des différents clans du pouvoir, c’est surtout la jonction réussie entre la revendication berbère et les aspirations démocratiques du peuple algérien. La militance berbère a pu intégrer, particulièrement après le Printemps de 1980, les questions des droits de l’Homme et des libertés démocratiques dans un même corpus théorique et un même combat pratique.

Cette démarche a surtout pu fleurir dans les campus universitaires où les militants de la cause berbère avaient aussi à s’assumer en tant que démocrates dans toutes les tâches dont ils allaient porter le fardeau : gestion des cités universitaires, lutte pour de meilleures conditions d’enseignement et pour une pédagogie moderne délestée des griffes de l’arabo-islamisme, combat pacifique pour l’expression démocratique dans une université qu’ils voulaient comme porte-étendard des idées de progrès.

C’est dans ce cadre qui convenait très mal à la dictature du parti unique et de l’islamisme rampant de l’époque qu’il faut situer l’assassinat, il y a 25 ans jour pour jour, de l’étudiant Amzal Kamal dans le campus de Ben Aknoun par des fous de Dieu armés de poignards et de barres de fer.

L’enfant de Tiferdoud reçut dans son corps cet arsenal de guerre, aux cris de Allah Ouakbar,  au moment où, avec son camarade Aziz B., il déployait une affiche à coller sur le mur du foyer, affiche appelant à renouveler le comité de cité par la tenue d’une assemblée générale des étudiants.

La jeunesse kabyle qui a inauguré le nouveau millénaire par la contestation citoyenne et la revendication d’une véritable démocratie est en droit d’être informée du parcours et du combat de ses aînés qui ont ouvert le chemin vers plus de liberté et de dignité, qui ont fissuré le mur du monolithisme castrateur du parti unique et tenu tête aux nervis et spadassins des temps modernes qui ont juré la perte de l’Algérie historique de Massinissa, Kahina et Abbane Ramadane.

Le mérite du combat de la génération de Kamal Amzal est d’autant plus noble et éminent qu’il ne s’inscrivait dans aucune logique étroite de chapelle politique ou de calcul d’intérêt. Sur leurs frêles épaules d’étudiants descendus des montagnes de Kabylie, ils ont porté haut et fort les aspirations profondes et légitimes de leur peuple ; ils ont ouvert la voie, dans l’adversité la plus tenace et la plus crasse, vers un combat loyal, pacifique mais déterminé pour les causes justes, et celles de la démocratie et de l’amazighité en font largement partie. Kamal Amzal a été de ceux qui ont ouvert cette voie ; il a inauguré, du même coup, le martyrologe de la citoyenneté.

 

Amar Naït Messaoud

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Sat, 03 Nov 2007 09:00:13 GMT http://webawal.dzblog.com/article-191921.html
FILM DOCUMENTAIRE EN HOMMAGE À H'NIFA http://webawal.dzblog.com/article-190481.html
Le combat d’une femmeUne femme sur tous les fronts

Artiste au destin tragique et romanesque, souvent comparée à Edith Piaf.

H’nifa, une vie brûlée, est un film documentaire-fiction de 52mn, que nous propose Visuel Impact sur le parcours tumultueux de la grande chanteuse H’nifa. Il nous permettra de découvrir quelques épisodes de la vie d’une des plus grandes chanteuses populaires algérienne. Sa vie, ses frasques, ses succès et ses drames. Le réalisateur Samy Allam et Ramdane Ifftini, en décidant de lui rendre cet hommage, prenaient le double risque d’occulter une partie de la réalité en idéalisant le mythe. De son vrai nom, Ighil-Larbaâ Zoubida, est née le 4 avril 1924 à Ighil Mahni, Azzefoun.
Artiste au destin tragique et romanesque, souvent comparée à Edith Piaf, H’nifa a chanté la femme, les amours impossibles, l’exil, le sien et celui des autres, la mal-vie. De sa naissance en 1924, à sa mort en 1981, c’est tout un pan de l’histoire contemporaine de l’Algérie qui transparaît en filigrane de sa biographie. La situation sociale des Algériens durant le colonialisme, l’émigration, la création de la chaîne de radio d’expression kabyle, les débuts de la Révolution, sont autant d’événements marquants qui sont abordés dans ce documentaire. Au début des années 30, sa famille quitte le village d’Ighil M’hanni en Kabylie pour s’installer à la Casbah d’Alger, où vivait la majeure partie des villageois de la région, chassés par la pauvreté. Mais cette vie citadine ne durera pas longtemps, puisque sa famille ne tardera pas à rejoindre à nouveau le village natal. A dix-huit ans, son père la marie à un ami du village voisin, une union qui ne durera pas, puisque H’nifa ne restera guère avec ce mari, de dix ans son aîné, jaloux, possessif et violent. Six mois plus tard, elle quitte le domicile conjugal et revient dans le foyer familial, qui à son tour est ébranlé, son père s’étant remarié.
Une situation qui contraint H’nifa d’emmener sa mère avec elle à Alger. H’nifa se remarie. De cette union qui allait à son tour tourner à l’échec, trois années plus tard, naît une petite fille. Pour subvenir à ses besoins et ceux de son enfant et de sa mère, elle travaille comme femme de ménage. Elle habite une baraque en tôle au bidonville du clos Salembier et partage son logis de fortune avec la chanteuse Chérifa. Chérifa qui eut à l’écouter chanter est subjuguée par cette voix si singulière. Elle lui propose alors de se produire à la radio. H’nifa hésite car, à l’époque, le métier de chanteuse est synonyme d’opprobre. Devant les difficultés de la vie et face à l’insistance de Chérifa, elle finit par accepter et brise ainsi le premier tabou. Mustapha Hasni d’abord, Cheikh Nordine ensuite seront ses premier mentors à la radio Alger. A ses débuts, elle intègre «Tarvet El Khalath», une chorale féminine où elle retrouve à nouveau Chérifa et d’autres chanteuses comme Djamila, Zina, Ounissa...En juillet 1956, elle fait son premier voyage en France avec son ami Hasni et continue son oeuvre avec d’autres artistes, tels que, Taleb Rabah, Bahia Farah, Akli Yahiatène, Missoum, Kamel Hamadi...En parallèle, H’nifa active au sein de la Fédération de France du FLN. Grâce à Kamel Hammadi, H’nifa enregistre ses premières chansons qui sont des succès incontestés, notamment Ma Tebghith Ad Amnegal, Ay Aqcic, Azher iw anda tenzith, Dharay iw, et surtout sa chanson autobiographique Maci Dleghna. En 1964, H’nifa se remarie pour la quatrième fois avec un riche commerçant de la ville des Genêts, qu’elle découvre polygame et finit par le quitter. Elle repart en France. Elle arrête de chanter un temps pour reprendre quatre années plus tard avec Yewet iyi fus iw, Ih ya mali. En 1973, elle interprète un rôle secondaire dans le célèbre feuilleton El Hariq, de Mustapha Badie. C’était sa première expérience en tant que comédienne et sa dernière apparition en Algérie. Puisqu’elle repart en France, où elle participe aux côtés de Cheikh Nordine à une série télévisée, Les Chevaux du soleil. Terrassée par la maladie, elle rend son dernier souffle le 23 septembre 1981 dans un hôtel à Paris. Sa dépouille passe plus d’un mois à la morgue d’un hôpital avant d’être enterrée dans un cimetière de la banlieue parisienne.
Son corps a été rapatrié à Alger par sa fille avec l’aide de Slimane Azem, Idir, Cheikh Nordine, Kamel Hamadi et Akli Yahiatène. Elle a été enterrée au cimetière d’El Alia à Alger le 19 novembre 1981.
Ce documentaire nous conduit à cerner la vraie personnalité d’une femme qui tout au long de sa vie choqua et défraya la chronique mais qui reconnaissait avec une humble lucidité la valeur de la femme.

Idir AMMOUR

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Mon, 29 Oct 2007 09:04:33 GMT http://webawal.dzblog.com/article-190481.html